À gauche de l'horloge

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« Longtemps je me suis rêvé dramaturge... Même au temps où mon existence hasardeuse se déroulait à l'écart des chemins de la litté- rature (encore que ceux-ci ne soient jamais une ligne droite, du moins faut-il l'espérer), je m'étais abonné au TNP de Villeurbanne, à l'époque dirigé par Roger Planchon. Je me voulais auteur drama- tique. Oui, je me voulais ça. Et puis... rien. J'écrivais des misères de pièces. Un jour je suis allé voir Jean-Louis Barrault au Récamier où se montait Mercier et Camier, de Beckett, avec trois textes sous le bras. Ferveur et tremblement. Dans un grand geste théâtral embrassant jusqu'au plafond, Barrault m'a dit : « Des manuscrits, monsieur, j'en ai, mais j'en ai !... » Fin de partie. J'ai laissé tomber tout ça. N'étais pas de ce monde-là. C'est France Culture, un beau jour et un siècle plus tard (la littérature est une longue patience), qui m'a proposé d'écrire des fictions pour la radio. Ma vocation de jeunesse, quoique en durable hibernation, s'est aussitôt réveillée. La radio, c'est la liberté. Nulle contrainte sinon ce format d'une heure. Cent personnages si ça vous chante. L'espace auditif pour décor, dilatable à souhait. Des voix, de la polyphonie. Et un récit qui, s'évadant de la scène côté jardin, s'insinue partout, rompant les soli- tudes dans les chambres d'hôpitaux, les cellules de prison ou les alcôves désertées. La raison pour laquelle j'ai voulu « réunir en livre » ces dix pièces tient au fait qu'écrire pour l'oreille est la même chose au fond qu'écrire pour les yeux. Musset, dans la hantise il est vrai de l'échec public, publiait ses pièces sous le titre Un spectacle dans un fauteuil. Pièces implicitement destinées à la lecture, par conséquent. L'auteur et le lecteur en tête à tête, celui-là contant, et celui-ci, destinataire intime carré dans son voltaire, écoutant en tournant les pages. Deux des textes proposés ici n'ont pas été diffusés : À gauche de l'horloge, qui donne son titre au recueil, dépasse en effet du double le format standard de France Culture ; et L'Atrapa- nieblas, comédie écrite pour la scène. Si je me suis permis d'introduire cette dernière dans le club discret et distingué des pièces radiophoniques, c'est d'abord parce qu'elle me fait rire (j'en demande bien pardon), et c'est ensuite parce qu'elle est « moi » - moi comme écrivain, moi comme double comique et dérisoire de moi-même, moi comme doutant d'être moi. Quant aux autres pièces, tantôt sombres et tantôt (presque) gaies - comme ces pièces d'Anouilh que celui-ci classait en pièces roses, noires, grinçantes ou farceuses - elles reflètent toutes mon goût du jeu, de la fiction qui subvertit la réalité, une certaine tendresse inavouée pour mes semblables (quoique je m'en défende), tout cela visant peut-être à masquer l'effroi que m'inspire parfois la part sombre de moi-même, comme dans Geôle ou dans Exécution... »
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