SOPHIE ENDELYS  Interview de l'auteur

 

Laissez-vous surprendre par l’étonnant roman de Sophie Endelys, Les gardiennes du silence, riche de mystère et de suspense ! Une plongée dans un monde aux frontières du réel dont l’auteure nous dévoile les coulisses…

 

Comment décririez-vous l’île d’Heldenskøn ?

Une île est un lieu de contraste : un horizon infini aux contours visibles, sans échappatoire. Heldenskøn a le parfum des terres inexplorées, enveloppées de mystère qui s’étend dans un paysage vertigineux : la houle, les embruns, les plages immenses. Cette terre perdue entre la Manche et la mer du Nord est un paradis pour les touristes en quête d’évasion. Les habitants sont rudes, mais accueillants. À l’image de l’immensité qui les entoure, ils savent offrir l’hospitalité au rythme du ressac des vagues et du hoquet du vent. J’aime ce coin de paradis où se cachent des aventures ténébreuses.

 

 

Quel élément s’est imposé à vous en premier : le décor, l’héroïne, l’histoire ?

L’histoire d’abord : celle d’un lieu consacré à la mémoire du savoir. L’héroïne ensuite. C’est Chloé qui, prenant son destin en main, plante le décor. En fait, les personnages s’emparent des mots pour créer leur univers. Pour Chloé la réalité qu’elle va découvrir dépasse son propre imaginaire. Finalement, c’est une femme ordinaire, bibliographe de profession, qui va se laisser envoûter par les mystères d’une île et la passion des rencontres.

 

L’amour des livres, une passion essentielle pour vous ?

Les livres sont une gourmandise. Toujours prêts (et près) à être dévorés. Parfois, je me dis que j’aurais aimé être du papier, de l’encre, une couverture. Posée pour l’éternité sur une étagère, j’aurai existé au fil des siècles grâce au regard du lecteur. Plus sérieusement, les livres sont comme nous, ils respirent. Ils forment un labyrinthe dont les mots sont le fil d’Ariane. J’ai beaucoup de mal à m’en séparer. Même les mauvais livres sont de bons livres. La simple combinaison de vingt-six lettres peut nous entraîner dans un vertige d’émotions, de drames, de rires, d’aventures. N’est-ce pas magique ?

 

Il y a du mystère dans votre écriture, était-ce pour jouer jusqu’au bout la carte de l’aventure ?

C’est le mystère qui lui-même crée le mystère. Le fil de ma plume roule à l’aveugle. Les livres que l’on écrit nous précédent. À chaque fois, je me découvre au service d’existences dont je ne connais pas le destin. Jamais satisfaits, les personnages exigent, méprisent, rejettent, écartent mes propositions. Entêtés et déterminés. Eux devant ; moi loin derrière. Ils ont toujours raison.

 

Votre roman est une plongée dans le passé sur un ton très moderne, l’équilibre a-t-il été facile à trouver ?

Pourquoi ne pas proposer aux grammairiens une nouvelle conjugaison : le passé par anticipation. Dans un roman, le temps est réversible. Il peut se fractionner en pièces détachées comme un puzzle. J’ai le goût du lecteur qui recompose l’aventure, s’approprie le chassé-croisé d’identités dans un présent subjectif : le moment de la lecture.

 

Que représente pour vous le fait d’être publiée en avant-première chez France Loisirs ?

J’en suis très honorée. Là aussi, c’est une aventure. Au-delà de la simple reconnaissance d’être publiée en avantpremière chez France Loisirs, je remercie le Club de me donner la possibilité d’aller à la rencontre de nouveaux lecteurs et de laisser ainsi place à la complicité constructive auteurs/lecteurs.