APRÈS LA VIE SECREÈTE DES ARBRES

LE DERNIER VOLET DE LA FABULEUSE

TRILOGIE DE PETER WOHLLEBEN

Peter Wohlleben, Le Réseau secret de la nature

Quand avez-vous pris conscience du « réseau » ?

La nature, les animaux, les arbres m’accompagnent depuis toujours et leurs interrelations n’ont jamais cessé de nourrir ma réflexion. Enfant, j’étais déjà passionné. Dans ma chambre, j’entretenais deux tortues d’eau dans un grand aquarium et j’élevais des poussins… sur le coussin chauffant de ma grand-mère. Ils me prenaient pour leur mère !

Pensez-vous que ce tissu relationnel hyper complexe puisse mourir ?

Nous, humains, ne pouvons en aucun cas détruire la nature – bien que cette idée fausse circule beaucoup. Les âges glaciaires vont et viennent, les forêts poussent et disparaissent, à une grande échelle de temps, tout cela est normal. Ce qui se passe en ce moment, c’est que nous détruisons notre propre biotope, notre niche écologique. Protéger la nature, c’est d’abord nous protéger nous-mêmes ! La protection de la nature n’est pas un luxe superflu, c’est l’unique chance de survie de l’humanité.

Chacun de nous peut-il aider à cette protection ?

L’aide la plus importante consiste à réduire notre consommation de matières premières, et d’abord d’énergie. Aujourd’hui, par exemple, un peu partout en Europe, des centrales à charbon se convertissent au bois, ce qui hélas ne fait qu’accélérer la destruction de la nature. Il faut donc tout faire pour dépenser moins d’énergie – et laisser les forêts tranquilles.

De qui dépend la solution ? Des Etats ? Des entreprises ? De nous tous ?

Je compte d’abord sur les citoyennes et les citoyens. Avec mes livres, j’essaie de leur rendre la nature plus proche. Celui qui aime la nature adopte automatiquement les bons gestes et il n’est alors guère besoin de lois. Voilà mon credo : je vise les cœurs, pas les têtes. S’ils sont touchés, tout devient possible.