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Interview de Dany Rousson pour son livre L’été retrouvé

Comment est née l’histoire de L’été retrouvé ?

C'est l'opposition de deux villages voisins et pourtant très différents qui m'a inspirée : Cornillon le médiéval, planté sur son rocher, regardant du haut de ses remparts Goudargues, « la Venise gardoise » entourée d'eau. De là à imaginer deux personnages originaires de chacun des lieux et de caractères complètement opposés, il n'y avait qu'un pas. Les unir par un lien d'amitié très fort, malgré un terrible secret, donnait la note d'espoir que j'aime partager dans mes romans. La base de L'été retrouvé était construite. Vos lecteurs soulignent la grande sensualité de votre roman où l’on sent l’été palpiter

Vous qui avez longtemps pratiqué la peinture et le dessin, diriez-vous que vous avez trouvé dans les mots une nouvelle manière de dessiner ?

C'est tout à fait cela ! Je suis une observatrice. Des paysages aux personnes, je décris ce que je vois, avec mes émotions et ma sensibilité en plus. Tout est important, comme dans la composition d'un tableau. La brise dans les feuillages, l'expression d'un regard, les couleurs d'un ciel annonciateur de vent, les parfums de l'enfance, c'est un tout qui reflète une ambiance et qui crée l'atmosphère d'un livre. J'ai besoin de m'envelopper dans cet affect pour faire battre le cœur de mes histoires.

Beaucoup considèrent Lazare comme l’homme idéal, est-ce en ce sens que vous l’avez créé ?

Non. Dans la vie, personne n'est parfait. Dans mes romans non plus. Je pense que Lazare est attachant parce qu'il est résolument sincère. C'est son caractère entier qui plaît beaucoup. Pourtant, la peur de souffrir à nouveau l'empêche depuis plus de vingt ans d'avoir une relation durable. Il est incapable d'occulter son premier chagrin d'amour. De ce point de vue-là, il est fragilisé.

Le Gard est-il une source d’inspiration ?

Oui, j'ai la chance d'être née dans ce très beau département, entre Cévennes et Camargue, où les pierres ont une histoire et la nature une grande diversité de paysages. D'un bord de mer lumineux au Sud à l'authenticité des villages de l'intérieur des terres, le Gard c'est la garrigue, les vignes, les forêts cévenoles, les oliviers et les Gardois, fiers de l'être. Mais je pense que chacun est attaché à ses racines, d'où qu'il soit. Des belles régions, il n'en manque pas, et je prends toujours plaisir à découvrir de nouveaux horizons.

Vous avez connu un très beau début de carrière ; à l’heure du 3e roman, le conte de fées continue-t-il ?

Oui, et j'en suis la première touchée. Les lectrices et lecteurs de la première heure m'accompagnent toujours, et s'ajoutent à eux ceux qui me découvrent au fil des romans. Tout au long de l'année, je reçois des retours adorables. Je ne les remercierai jamais assez du bonheur que leur enthousiasme m'apporte. J'écris pour partager. Qu'existe-t-il de plus précieux ?

Être publiée au Club, cela représente-t-il quelque chose pour vous ?

C'est une grande fierté. Petite, ma mère m'a donné le goût de la lecture. Ensuite, à mes livres d'adolescentes se sont ajoutés les siens, ceux qu'elle recevait chaque mois de France Loisirs et qui m'ont fait découvrir des auteurs que j'admire toujours. Je pense particulièrement à Claude Michelet avec sa trilogie Des grives aux loups, ainsi qu'à Régine Deforges avec celle de La bicyclette bleue. Des révélations qui m'ont sûrement amenée vers l'écriture plus tard. Alors pour moi, être publiée à France Loisirs a une saveur particulière.