Interview de Jean Failler Mary Lester

 

 

Rencontre un nouveau public à travers le Club, avez-vous eu l’occasion de le rencontrer ?

Oui, des lecteurs et des lectrices font fréquemment le déplacement pour venir me saluer à l’ÎleTudy. Je reçois aussi beaucoup de courriers par internet ou par la poste (auxquels je réponds toujours). J’ai eu cette année la visite de trois libraires de France Loisirs qui sont venues me dire combien elles étaient satisfaites du retour de la série de Mary Lester au Club. Le concours initié par France Loisirs en 2017 m’a fait rencontrer les lectrices gagnantes qui venaient d'un peu partout en France. Nous avons fait une courte visite de Quimper, suivie d’un thé chez Mary Lester, venelle du Pain cuit. Ce fut une surprise pour elles car Mary n’ouvre pas sa porte à tout monde. Le soir, nous nous sommes retrouvés dans un restaurant gastronomique à l’Île-Tudy. Ce fut une très belle journée, pour nos visiteuses et un moment très sympathique pour moi.

 

Quand vous avez écrit le premier tome des aventures de Mary Lester, imaginiezvous l’accompagner sur deux décennies ?

Certainement pas ! J’ai démarré pour un titre et aujourd’hui je termine le 55e . Je n’en reviens pas ! J’ai l’impression que c’est hier que j’ai commencé. Hélas…si Mary ne sent pas le poids des ans, ceux-ci ne m’épargnent pas.

 

Quelle est selon vous la recette du succès de Mary ?

C’est une personne de caractère (une vraie bretonne) qui évolue sur son territoire, dans des lieux enchanteurs. Les lecteurs apprécient ces descriptions de paysages et aussi les problèmes sociétaux que les histoires abordent : la crise de la pêche, la mort des villages du centre Bretagne, la spéculation financière, l’écologie. Mary plaît (et à moi aussi) parce qu’elle est franche ; elle est libre et moderne mais elle est porteuse de la mémoire de son pays.

 

Comment décririez-vous la relation que vous entretenez tome après tome avec votre héroïne ?

J’entretiens avec Mary une relation très affectueuse de père à fille qui est parfois assez orageuse, mais qui se termine toujours bien. Je crois bien la connaître mais elle me surprend encore. J’ai relu l’année dernière un roman de ses débuts, pour la retrouver telle qu’elle est.

 

En quoi la Bretagne est-elle une si formidable source d’inspiration ?

Tout simplement parce que c’est le plus beau pays du monde (non, non, je ne suis pas chauvin !) et que c’est le pays que je connais le mieux. J’ai un grand plaisir à utiliser ce que je vois tous les jours et dont je ne me lasse jamais, de le mêler à mes souvenirs mais aussi à des histoires qui m’ont été transmises. Cela m’apporte beaucoup de joie de le raconter.

 

Est-il vrai que vous vous inspirez de faits réels pour écrire vos romans ?

Bien sûr, même si ça m’a parfois coûté quelques attaques. (Le Renard des Grèves). Il y a des lieux qui m’inspirent immédiatement, des faits divers également mais parfois je laisse complètement libre cours à mon imagination. Je crois que les facteurs qui déclenchent l’écriture d’un nouveau roman sont très divers. Les enquêtes de Mary Lester doivent être très variées, pour mes lecteurs et pour moi. Je n’ai pas de difficultés à trouver de nouveaux cas; il suffit que je lise les journaux et que j’écoute avec les yeux et les oreilles de Mary.

 

Avez-vous un préféré parmi les 54 tomes de la série ?

Comme c’est fréquemment le cas dans les familles nombreuses, c’est le petit dernier qui a les faveurs et les attentions des parents. Pour le moment Le vautour revient toujours tient la corde, mais j’ai un penchant pour le cinquantième, C’est la faute du vent. Je ne peux pas vraiment dire pourquoi. Il est encore très présent.