Les Marais de Bourges Un nouveau roman d’Édouard Brasey à découvrir en avant-première, c’est presque un rendez-vous ! Dans les Marais de Bourges, il se penche sur la période de l’Occupation à travers un magnifique couple d’amoureux, Zoé et Jacques.

Pourquoi avoir choisi de consacrer votre nouveau roman à la période de l’Occupation ?

Cette période de l’histoire contemporaine m’a toujours troublé. Je ne peux m’empêcher de m’interroger : quel choix politique aurais-je fait si j’avais eu 20 ans en 1940 ? Avec le recul, il est facile de distinguer les bons et les mauvais, les résistants et les collabos. Mais à l’époque ? La fiction romanesque m’aide, à travers mes personnages, à tenter d’apporter des amorces de réponses à ces questions difficiles.

L’époque a-t-elle décidé du choix de la région ?

Je suis tombé amoureux de Bourges où je vis actuellement, et je souhaitais lui consacrer un roman.La période de l’Occupation s’est imposée car, située au cœur même de la France, la région du Cher était coupée en deux par la Ligne de démarcation. Des personnages historiques locaux s’étant particulièrement distingués alors, en bien comme en mal, je les ai introduits dans mon récit : Pierre-Mary Paoli, le bourreau de la Gestapo, Alfred Stanke, le franciscain de Bourges, et Marcel Bascoulard, l’artiste clochard.

Comment avez-vous mené vos recherches historiques ?

Le fait de vivre à Bourges m’a beaucoup aidé. J’ai notamment consulté les archives du Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher, je me suis également entretenu avec de nombreux témoins ayant vécu cette époque, encore ressentie comme une blessure profonde dans la région.

Vos héros Zoé et Jacques deviennent adultes au fil du roman. Y a-t-il une émotion particulière à accompagner des personnages dans cette évolution ?

Les périodes de guerre sont des accélérateurs temporels. Les jeunes gens doivent mûrir très vite s’ils veulent survivre. Mes héros ont 19 ans en 1940. Ils s’aiment et vivent encore dans l’insouciance de leur âge. La guerre et l’Occupation vont les séparer, puis les rapprocher à nouveau. Ils deviennent des adultes confrontés aux rigueurs et à la violence d’une époque. Je les ai accompagnés dans ce processus en partageant leurs émotions ; celles que j’aurais pu moi-même éprouver.

Ce n’est pas la première fois que l’un de vos romans est en avant-première au Club. Que représente le Club et ses lecteurs pour vous ?

Le Club est un espace privilégié, unique en France mais aussi en Europe, où un auteur peut toucher directement un très large public. La sélection rigoureuse des textes publiés en avantpremière par l’équipe éditoriale est pour le lecteur une garantie de qualité. Les conseils personnalisés des équipes des boutiques, très motivées, aident également à promouvoir les livres. Les lecteurs, enfin, demeurent très fidèles au Club et aux auteurs qu’ils aiment ou découvrent. Le Club et ses lecteurs m’apportent une reconnaissance que j’aurais bien du mal à trouver ailleurs. D’ailleurs, avec une parution en avant-première, ils sont mes premiers lecteurs !