Interview d’Édouard Brasey

Marseille tient une place particulière dans ce roman. Le quartier de la Belle-de-Mai était-il dès le départ partie prenante de l’histoire ?

Oui. À cause du nom, tout d’abord, puisque la Belle de Mai est également le surnom de mon héroïne lorsqu’elle se produit sur la scène de l’Alcazar. Et puis aussi parce que ce quartier populaire, qui a connu à l’époque une forte immigration italienne, est très représentatif de la société marseillaise.

Rose est une magnifique héroïne, mais son destin est bien sombre. Vouliez-vous souligner la difficulté des femmes de son époque à prendre leur destin en main ?

Rose, inspirée de l’histoire de ma propre grand-mère, est une femme forte et libre, qui choisit sa vie à une époque où ce n’était guère facile. Elle avait tout pour être heureuse, mais elle est confrontée à une tragédie qui la frappe de plein fouet. Elle aurait pu baisser les bras, se lamenter. Au contraire, elle continue à se battre contre l’adversité et s’efforce de conserver ce goût du bonheur qui la caractérise.

À travers la vie de vos héros, vous évoquez la Seconde Guerre mondiale, un thème qui vous est cher. En quoi La Belle de mai diffère de vos autres romans sur le sujet ?

J’ai voulu évoquer un aspect souvent négligé de cette période : le rôle joué par le milieu du grand banditisme. Paul Carbone et François Spirito, qui ont inspiré le film Borsalino et que je mets en scène dans mon roman, s’étaient engagés dans l’Occupation en faisant enrôler leurs voyous dans la Gestapo, tandis que les frères Guérini avaient pris fait et cause pour la Résistance. J’évoque aussi la terrible rafle du Vieux-Port en 1943, où des milliers de juifs ont été arrêtés et déportés, et une grande partie du quartier du Panier détruit.

Vous qui écrivez des romans dans des registres très différents, quels plaisirs vous apporte l’écriture de romans historiques ?

Le regard que l’on porte sur le passé est influencé par notre façon de raisonner aujourd’hui. J’aime plonger dans des époques différentes, notamment dans le siècle passé qui a connu deux guerres mondiales, pour tenter de répondre à cette interrogation. Si j’avais vécu il y a un siècle, comment aurais-je vécu ? Quels engagements aurais-je pris ? Cette mise en regard est passionnante.

Vous qui êtes un fidèle du Club, que vous apportent les séances de dédicaces en boutique ?

Des rencontres chaleureuses avec un public fidèle et passionné, et aussi un accueil très amical de la part du personnel des boutiques, attentif et enthousiaste, qui sait partager ses coups de cœur avec les adhérents. Cela me donne à chaque fois de l’énergie pour écrire, progresser et ne pas décevoir mes lecteurs en leur offrant les plus belles histoires que je peux imaginer !