« Dans ce roman bouleversant, prix Goncourt 1980, Yves Navarre dit l'indicible : ce qu'un homme respectable, père aimé, ministre admiré, est capable de faire endurer à son jeune fils, parce que ce dernier est homosexuel. Un magnifique  livre sur l'intolérance, à redécouvrir d'urgence. » 

 

 

Tatiana de Rosnay

« Un récit émouvant où la révolution iranienne, la dictature des ayatollahs, puis l’exil, sont vus par les yeux d’une enfant. Maryam est encore dans le ventre de sa mère que déjà, autour d’elle, frappent la violence et la mort. Bientôt, la famille de la petite fille (des intellectuels athées proches des communistes) est persécutée par les religieux arrivés au pouvoir ; ses oncles sont emprisonnés. Quand ses parents parviennent enfin à l’entraîner dans leur fuite, elle ne se console pas d’avoir dû abandonner sa poupée tandis que ses parents enterraient leurs livres… Puis, c’est l’exil en France, loin de sa grand-mère et de la langue maternelle. Faut-il, pour survivre, tout oublier de « la vie d’avant » ? À l’école, Maryam refuse de parler français, et ses parents, confrontés à la pauvreté, ne s’adaptent pas. Pourtant, au fil des années, Maryam parviendra à devenir une femme libre… Un livre superbe. »

 

Françoise Chandernagor

« Si vous deviez avoir un seul volume de poésie dans votre bibliothèque, c’est celui-là. Même si on ne fait que ça, il paraît qu’on ne doit pas discuter des goûts et des couleurs. En matière de poésie, ce n’est même pas la peine d’y penser : personne n’y est jamais d’accord avec personne. J’adore Apollinaire, Rimbaud, Whitman, Shakespeare, auteur de sublimissimes sonnets, mais je veux que l’on m’autorise à mettre Aragon plus haut que tout. De grâce, laissons de côté son stalinisme débile. Écoutons-le, savourons-le, laissons-le nous emporter au-dessus de nous-mêmes. Parigot, universel, grossier, grandiose : tel est notre immense poète national. Dans Les poètes, son meilleur recueil, vous trouverez de tout et notamment son plus beau poème : Second intermède où il célèbre si bien l’amour, le "souvenir des vertiges", la "stupeur soudaine des amants" : »

Tout peut changer de rime et de raison
Rien n’être plus ce qu’aujourd’hui nous sommes
Tout peut changer mais non la femme et l’homme.

 

 

Franz-Olivier Giesbert   

« Joseph Kessel est âgé de 24 ans. Né par hasard en Argentine et de culture russe, il n’a pas voulu que passe la guerre de 1914 sans s’en mêler, comme aviateur. Le voici ensuite dans cette Europe ensanglantée par les tueries de la guerre et par la révolution bolchevique. Il se remet en chemins. Il s’engage dans la mission française en Sibérie. Retour en France. Journaliste, jl écrit son premier livre, La steppe rouge, avec ses souvenirs de Russie et ses souvenirs sont terribles. Le style est d’un journaliste. Pas de minauderies. Une langue brutale qui convient aux scènes qu’il a vues dans cette société bolchevique, jeune et crépusculaire. Une fillette de treize ans se prostitue. Elle vole le portefeuille d’un vieillard, va s’acheter une poupée. Un brave professeur devient communiste, soumet son village à la terreur, après quoi  il change de camp et met le feu  à la grange dans laquelle il a enfermé ses compagnons. Un jeune bourgeois a la vie sauve car un de ses amis médecins le cache dans un asile de fous. Son compagnon de cellule est un furieux. Quelques nuits d’enfer. Une femme préfère tuer son fils plutôt que de le  savoir dans les mains de ses bourreaux. La steppe rouge est le premier livre de Joseph Kessel. Il est déjà magnifique. »

 

Gilles Lapouge

« Qu’il est mignon ce petit Martin qui sourit tout le temps ! Tellement mignon que la reine Marie-Antoinette, qui passe en carrosse devant chez lui, s’en éprend instantanément. Elle l’adopte, comme elle l’a fait pour d’autres orphelins parce qu’elle est en mal d’enfants. Louis  XVI n’arrive pas à lui en faire. Mais, comme elle passe très vite à un autre caprice, elle délaisse Martin qui va grandir comme il peut, d’abord comme vacher au Petit Trianon, puis comme cuisinier dans un grand restaurant et en Vendée pendant les massacres de la Terreur. C’est toute une époque qui nous vivons à hauteur d’enfants puis à hauteur d’homme. L’auteur, Christian Chavassieux, a un sens instinctif de la narration. Très attachant. »

 

 

Patrick Poivre d’Arvor

« Si Anna Gavalda écrivait des polars, ils ressembleraient à un roman d’Élisa Vix. Élisa Vix est une vraie auteur de roman policier, maîtrisant suspense, tension, mystères, faux-semblants… mais elle y ajoute une empathie rare pour ses personnages, un humour subtil, et une psychologie fine. Lire son dernier roman, Ubac, est une jolie façon de découvrir son œuvre. Ubac est un court roman d’ambiance, au cœur des Alpes, où la tension monte crescendo, jusqu’à un final délicieusement troublant. »

 

 

Michel Bussi